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On se paie une toile Les héros sont fatigués Lorsque Woody Allen sort un nouveau film, c’est toujours un événement. D’autant plus lorsqu’un des acteurs est Leonardo Di Caprio, l’éphèbe qui plonge les hormones des jouvencelles dans le désarroi. On s’attendait bien entendu à ce que cette fois encore le spectateur soit étonné, amusé par la finesse du propos, par la maestria avec laquelle l’auteur nous fait redécouvrir d’un oeil neuf des situations qui pouvaient nous paraître banales et convenues à souhait. Pourtant, ici, rien de tout ça. D’abord, dans ce film Allen ne joue pas lui-même et délègue à Kenneth Branagh le rôle de l’homme qui ne comprend rien aux femmes. Et ça change tout. Difficile de faire plus inexpressif que cet acteur qui était déjà pathétique dans Hamlet, mais pas nécessairement à cause de la destinée du personnage-titre. Lorsqu’on se rappelle que c’est Woody Allen qui a fait débuter Sylvester Stallone au cinéma (Quiz pour les cinéphiles : dans quel film était-ce ? Réponse dans le prochain numéro), on peut raisonnablement penser qu’on a tout vu. Eh bien non. En plus de voir Branagh faire du sous-Allen, un peu comme si Patrick Sébastien jouait dans un remake de La Traversée de Paris à la place de Bourvil, on doit encore supporter un scénario dont la minceur frise l’inexistence. Si parfois Woody Allen a pu tenir à bout de bras des intrigues sans consistence grâce à sa seule présence à l’écran, il en va autrement aujourd’hui. Vous souvenez-vous de ce film de Christian Clavier, Je vais craquer, adapté de la BD de Gérard Lauzier ? Celebrity en est une copie presque conforme. Sous le couvert d’une réflexion sur la célébrité, on retrouve exactement la même trame dans les deux films : un couple en crise ; le mari est un écrivain raté ; la femme insatisfaite se réfugie dans les bras d’un producteur ; le mari se console avec une comédienne de troisième zone tout en essayant de placer un scénario dans le monde hermétique du show.-biz ; les ex-époux se retrouvent à la fin lors d’une séance de cinéma. Voilà. Vous savez tout. Au moins le film de Lauzier avait le mérite de comporter une happy end ; on n’aura même pas cette satisfaction dans Celebrity. On est bien loin de Zelig ou de Broadway Danny Rose. Dommage. JCL Février 1999 |
A movie review Celebrity (Woody Allen - 1999)
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