Il y a des jours comme ça. J'ouvre la grande enveloppe, je sors le dernier numéro de SCARCE et tout de suite, comme dans la chanson, un grand sourire éclaire mon doux visage (si !) car la couverture est vraiment superbe. Et puis patatras ! Que ne m'abstiens-je de tourner la page et de lire l'édito ? Alors que d'habitude je musarde et je feuillette le Daily Scarce (ramenez-le dans le corps du journal : c'est mon delenda Carthago à moi) avant de chercher mon nom dans le courrier (on ne se refait pas). Mais là non. Je commence par l'éditorial et c'est comme ça que je réalise les changements qui vont se produire, à commencer par le départ d'Yvan. On dira ce qu'on voudra, je pense que c'est un cap sérieux que l'équipe de Scarce va devoir affronter. Tout à coup me revient à l'esprit le brouhaha qu'on avait entendu au moment du départ de Frédéric Blayo, que Scarce ne s'en relèverait jamais, que ça n'était pas la peine de continuer, et puis finalement Scarce est encore là (au fait, avez-vous des nouvelles de Frédéric ? La dernière fois que je lui ai écrit, il avait monté un petit business de VPC de comics et puis plus rien...). Le problème avec un journal qui est devenu une institution (si !), c'est qu'il y a un niveau de qualité à maintenir bon an mal an pour conserver les abonnés et si possible attirer un nouveau lectorat. Je suppose que les opérations "spéciales" comme celle de ce numéro avec SWOF procèdent de ce raisonnement. Dans mon esprit, cela me semble pourtant d'un intérêt limité, d'abord parce que SWOF se cherche encore plus que Scarce en ce moment, après la parenthèse Heroes. Pour un vieux lecteur de comics comme moi qui s'intéresse presque exclusivement au golden et au silver age, il devient quasiment impossible de trouver quelque chose d'intéressant à lire en français sur ce sujet, que je ne sache pas déjà et qui élargisse un peu mes horizons. SWOF le faisait au début, avec ses chroniques cinéma, musique, littérature fantastique, mais c'était il y a déjà bien longtemps. Scarce aussi à une époque essayait d'ouvrir un peu les horizons de ses lecteurs plutôt que de surfer sur la vague de l'actu en ressassant Previews et CSN. Pour vous dire la vérité, ce que j'attends aujourd'hui d'un fanzine c'est que pour le prix on me parle d'au mois un sujet que je ne connais pas, dans un article pas trop long et exempt de fautes de français pour que j'aie envie de le lire jusqu'au bout. Alors bien sûr j'entends déjà la réponse toute faite qui est systématiquement avancée dans ces cas-là : "Pour quoi ne les écris-tu pas toi-même, ces articles ?" J'ai essayé ; seulement lorsqu'on voit les textes qu'on écrit non respectés, trafiqués par des ajouts d'on ne sait qui ou des modifications qui se croient intelligentes mais qui dénaturent une référence ou une citation, ou même simplement des mises en pages qui méprisent la césure et les principes élémentaires du maquettage, on se dit que franchement ça n'est pas la peine de se donner du mal pour ça. Même si c'est mauvais, j'assumerais pour peu que le résultat respecte l'original. Pour être franc je ne sais pas trop quoi penser de Scarce aujourd'hui ; la parution devient irrégulière, le contenu des articles s'éloigne de mes centres d'intérêt. Les interviews pourraient sauver le tout si on allait chercher des gens qui ont peu parlé déjà, ou si on pose autre chose que des questions bateau. Enfin, si je trouve encore des choses à dire sur Scarce c'est que le magazine me tient encore un peu à cœur, sinon je m'en ficherais totalement et je ne serais pas devant mon traitement de texte en ce moment. A quoi va ressembler l'après Yvan Marie ? à voir. Pour ma part, ne l'ayant rencontré qu'une fois, et encore brièvement (c'était à Angoulême) je peux quand même lui souhaiter bon courage pour la suite.
Bonjour chez vous.
_____________________________________
JCL
Juin 1998
![]()
|
Retour à la page d'accueil |
|
|
Back to the home page |