|
B Société Quelques considérations d'ordre général d'un citoyen français sur la société qui l'entoure. |
|
CITIZEN'S CONCERNS Insights from a french citizen considering the world around him. |
|
Pourquoi faire une loi sur la parité ? Ne se rend-on pas compte que ce qui empêche les femmes d'accéder à la vie politique c'est le scrutin de liste ? Dès lors qu'on enlève aux partis le soin de choisir qui sera en position élective, n'importe quel citoyenne (ou citoyen, évidemment) peut devenir maire ou présidente de conseil régional rien qu'en ayant le plus grand nombre de voix dans un scrutin uninominal proportionnel à un seul tour, la question est résolue. Ingouvernable, vous dites ? Assurément un avant-scrutin où l'on ne peut plus négocier entre soi et magouiller d'état-major de parti à état-major de parti, c'est inconcevable. Et les élus seraient-ils vraiment obligés de voter pour des projets plutôt que pour le donnant-donnant majorité-opposition auquel tout un chacun est habitué depuis si longtemps : inadmissible ! Naturellement, les "grands" partis en place depuis l'après-guerre (ont-ils encore des adhérents ?) ne pourraient plus continuer à confisquer la "représentativité" aux citoyens dans ces conditions. Dommage... Un détail encore : pour qu'une ou un élu en poste ne se préoccupe que de sa fonction et pas de sa réélection, aucun mandat électif, à mon sens, ne devrait être renouvelable. Un citoyen participe à la vie de son pays, pendant un temps, puis laisse sa place à un autre. Ca s'appelle la démocratie.
|
|
|
|
Re. : L'Express le magazine 2525 Début décembre 1999 sort donc sur les écrans français la nouvelle super-production des studios Disney : Tarzan. Le pulp original Tarzan of the apes, paru en 1912 dans All-story est une histoire violente, amorale, où la nature se révèle dans toute sa férocité, où la mort est omniprésente. Résultat : Disney nous en fait une gentille bluette à l'eau de rose style Cendrillon avec éléphants qui chantent et tous les trucs habituels. Pourquoi pas. Après tout ils ont déjà assassiné Victor Hugo en 1997, alors Burroughs, vous pensez ! Prédiction : la plantade. Une bonne gamelle dans le genre de celle d'Hercule en 1998. Enfin, finissons par comprendre que le but de Disney n'est pas de faire de bon films (sans même parler d'art), mais de vendre des effigies sur des cartables, des trousses, des peluches,... Nul doute qu'ils y parviendront encore cette fois. J.C. Lebourdais |
|
|
|
Re. : l'Express le Magazine ° 2523 du 11 novembre 1999 Pourrait-on enfin m'expliquer pourquoi toute cette futile agitation alors que le changement de millénaire n'aura lieu que le 1er janvier 2001. Evidemment, le symbolisme du millésime 19xx qui passe à 20xx peut suffire à convaincre les esprits simples. Et puis c'est bien plus vendeur de promouvoir dès maintenant le dernier ....... du siècle (remplissez les blancs avec ce que vous voulez). On pourrait tout simplement dire "Je fête le passage à l'an 2000" et rien de plus. J.C. Lebourdais
|
|
|
|
En lisant le dossier "Comment motiver nos enfants" qui fait la couverture de l'Express 2525 du 25/11/1999, je ne peux m'empêcher de rapprocher les problèmes rencontrés par ces parents qui "poussent" leur progéniture, de quelques articles précédemment parus dans ce magazine sur le mal-être des enseignants de l'éducation nationale. Ainsi donc il semble que lorsque parents et professeurs se réunissent, chacun vienne accompagné de son propre malaise. Et pourquoi ? Parce que chacun doit composer avec un système éducatif dont, bien sûr, je ne remets pas en cause le caractère nécessairement normatif, mais dans lequel il apparaît que la pédagogie soit totalement absente ! Comment se fait-il qu'avant de chercher à bourrer le crâne des chérubins, parents et professeurs de conserve ne commencent-ils pas par leur apprendre comment travailler ? L'apprentissage d'une bonne méthode de travail est naturellement ce qui fera la différence entre réussite et échec. Bien entendu, il doit y avoir des méthodes différentes parce que chaque élève n'utilise pas son cerveau comme son voisin le sien : certains seront réceptifs à la stimulation visuelle, d'autres à la stimulation auditive, l'écrit ou bien l'oral (d'où peut-être l'engouement actuel pour le multimédia) ; certains n'auront aucun mal à appréhender des concepts abstraits alors que d'autres auront besoin de concret voire de pratique pour saisir. Entendons-nous : il ne s'agit pas ici d'être plus ou moins intelligent, mais bien de savoir comment l'intelligence de chaque enfant fonctionne et quels en sont les déclencheurs. Comprendre ces mécanismes, faire en sorte que parents et professeurs aient conjointement les moyens de les mettre en œuvre, voilà pour moi une des clés fondamentales de l'éducation. L'opinion défendue par Olivier Houdé selon laquelle l'oubli d'une partie de ce que l'on sait déjà est nécessaire pour apprendre et avancer à nouveau me semble pétaradante d'évidence. Autant dire que l'endroit où l'on se trouve n'est pas si important que le chemin parcouru pour y arriver. A quand des méthodes de ce genre dans l'éducation nationale ? A quand un cadre propice à l'acte d'apprendre, où l'élève tout au long de son parcours scolaire pourrait choisir (avec au début les conseils de son entourage) d'étudier les matières qui l'intéressent, être évalué indépendamment pour chacune d'entre elles pour passer au niveau supérieur, enfin libéré du concept stupide de "moyenne générale", sacralisé pour passer de classe en classe (de toute façon, plus personne ne redouble de nos jours) jusqu'à cette absurdité qu'est le baccalauréat, diplôme suprême de la République qui n'amène à se poser les vraies questions (orientation, sélection,...) que lorsqu'il est trop tard ? Remarque au passage : pourquoi s'aperçoit-on que des jeunes sont illettrés seulement au moment du service militaire et non pas, disons, à l'entrée en sixième ? A quand des professeurs débarrassés de la sclérose du fonctionnariat, librement embauchés par des établissements scolaires autonomes dans leur gestion, qui n'enseigneraient qu'à mi-temps et consacreraient le reste à acquérir une vraie expérience, un vrai travail dans une vraie entreprise de la vraie vie (histoire de s'enrichir un peu, au propre comme au figuré) ? A quand enfin des parents libérés de l'atavisme qui consiste à ne se reproduire que pour transcender leur propre mort, qui élèveraient leurs enfants, au sens premier du terme, plutôt que d'en faire des substituts de leurs frustrations passées ? Bah ! On peut toujours rêver... J.C. Lebourdais
|
|
|
|
Re. : votre dossier "Travailler pour une misère" (L'Express 2525) Comme d'habitude, le gouvernement en place a choisi d'ajouter un étage de plus au droit français (ou deux puisqu'il y a deux lois sur les 35 heures) plutôt que de simplifier un domaine législatif qui en aurait bien besoin. Décidons-nous enfin à prendre quelques mesures simples et de bon sens : - Supprimer ces innombrables types de contrat de travail qui n'ont aucun effet incitatif (Emplois jeunes, CES, CEC, PRP, CDD, que sais-je encore) pour n'en faire plus qu'un : le contrat à durée indéterminée. Un employeur sera de toute façon incité à embaucher si les heures supplémentaires sont récupérées double ou payées triple (pour en finir avec les horaires à rallonge et autres abus du travail saisonnier) et si le salaire des intérimaires est de 10 ou 15% supérieur à celui des autres salariés. Que ce contrat indique précisément la durée du travail ainsi que les horaires : rester près du téléphone en attendant que l'employeur vous fasse signe, ça s'appelle de l'astreinte et ça n'est pas gratuit. Pourquoi la fonction publique qui se veut toujours si en avance ne montrerait-elle pas l'exemple ? - Eliminer les charges sociales des bulletins de paye : les charges patronales, reliquat de l'après-guerre, ne sont en fait que du salaire déguisé qui pourrait tout à fait être réintégré dans le brut. Regroupées avec les charges salariales en une cotisation unique de type CSG versée directement par le salarié à une caisse principale sur la base de ce que son employeur a déclaré ferait disparaître le travail au noir et permettrait accessoirement aux mères de famille de bénéficier d'une couverture sociale et d'une retraite décente. Pourquoi le salaire d'une personne employée par un particulier ne serait-il pas, même partiellement, déductibles des impôts ? - Cesser de demander bêtement aux entreprises de faire du civisme avec des aides à l'embauche, mais plutôt conditionner l'impôt société en fonction de l'effectif et du turnover et en finir avec des prélèvements aberrants comme la TVA (trop facile à frauder dans un contexte européen) ou la taxe professionnelle. - Conditionner le versement de prestations sociales aux chômeurs (RMI, ASSEDIC,...) à des heures de stage en entreprise, de formation ou de travaux d'intérêt général, pour qu'il cesse enfin d'être plus intéressant de ne rien faire (sauf au noir) que de chercher du travail. Ce que demandent les vrais chômeurs, c'est simplement d'être remis dans le circuit. Avec 3 millions (au minimum) de paires de bras inoccupées en France on pourrait mettre en place des tas de services de proximité comme l'assistance et la compagnie des personnes âgées, la garde des enfants, l'encadrement des jeunes dans les banlieues, l'information et la sécurité dans les transports en commun,... Que les énarques viennent donc faire un tour dans la vraie vie, ça pourrait leur faire un choc... J.C. Lebourdais Consultant en Ressources Humaines
|
|
|
|
Le nouveau pacte social Alors qu'il passe en dernière lecture à l'assemblée nationale en ce doux mois d'octobre 1999, le sujet à la page, c'est le PACS, pacte civil de solidarité. Une façon paraît-il moderne et branchée de passer un contrat de communauté de biens entre deux personnes, indépendamment de leur sexe et de leur lien de parenté. Un mariage-bis, en quelque sorte. Dans la catégorie ânerie, en voilà encore une belle. Au cas où les politiciens professionnels de tout bord qui nous gouvernent de père en fils l'auraient oublié, le mariage est une survivance d'un autre âge, d'une pratique religieuse datant de l'époque où la France était encore la fille aînée de l'église catholique, officialisée dans le code Napoléon. Plutôt que de rajouter un étage de plus à la loi avec le pacs, pourquoi ne pas terminer enfin la séparation de l'église et de l'état entamée au début du siècle en abrogeant purement et simplement du code civil les articles qui concernent le mariage ? Dans le même temps, l'état se désengagerait de questions qui ne concernent que les individus, à savoir leurs pratiques sexuelles et leurs convictions religieuses, et accessoirement on désengorge les tribunaux de toutes les questions concernant le divorce. Deux personnes physiques ont toute latitude pour passer sous sein privé, ou bien devant notaire, un contrat de communauté de biens si ça les chante (quelle drôle d'idée), lequel se dissout à l'amiable lorsqu'une des deux parties décide d'y mettre fin. Vis à vis des enfants : que l'autorité parentale soit exercée à 50-50 par les deux parents, indépendamment de toute considération sexuelle ou monétaire, qu'ils vivent ensemble ou non. De plus, rien n'empêche un monsieur qui travaille de verser à une dame sans emploi qui vivrait avec lui (et réciproquement) un salaire pour l'entretien de la maison et l'éducation des enfants. Du coup, chacun des deux "époux" cotise à la sécurité sociale, engrange une retraite (si faible soit-elle) et paye l'impôt sur le revenu. Dans le même temps, on autorise les français à léguer leurs biens à la personne de leur choix, sans droits de succession, impôt stupide s'il en est (entre autres). Et tout le monde est content. Mais bon : tout ça est bien trop simple, n'est-ce pas ? Et puis électoralement, pas sûr que ce soit viable... Pas moyen de s'empoigner là-dessus entre gauche et droite comme au bon vieux temps des progressistes et des réactionnaires. Au fait, est-ce qu'un pacs conclu entre un père et sa fille n'a pas pour effet pervers de légaliser l'inceste ? Pacs Vobiscum et bonjour chez vous. JCL Octobre 1999 Une partie de ce texte a été publiée dans le courrier des lecteurs |
|
|
|
25/07/2000
Le refus par le gouvernement du PARE négocié par les syndicats et le MEDEF sonne-t-il le glas du paritarisme tel que nous le connaissons en France depuis des décennies ? Peut-être bien ; après tout, comment est-il possible que dans un pays supposé démocratique, des règles sociales s'imposent à tous alors qu'elles sont décidées par des représentants syndicaux qui n'ont pour maigre légitimité que l'adhésion d'un infime pourcentage de la population active. Lorsque pendant l'après-guerre on a institutionnalisé la présence obligée, alors nécessaire, de ces syndicats dans le dialogue social, ceux-ci disposaient d'un poids autrement important. Cette situation est aujourd'hui totalement déconnectée de la réalité et, exactement comme les vieux partis politiques, les syndicats actuels ne représentent guère plus qu'eux-mêmes et ne songent plus qu'à assurer leur survie subventionnée par le contribuable, faute d'adhérents. Face à un patronnat auquel aujourd'hui on demanderait presque bêtement de faire de la philanthropie, il est sans doute temps que le monde du travail repense le mode d'élection des représentants du Personnel dans l'Entreprise pour enfin abandonner le scrutin de liste qui contraint l'écrasante majorité des salariés à l'abstention ou au vote blanc (toujours pas reconnu en tant que tel, d'ailleurs). A la place, un scrutin uninominal à un seul tour permettrait à chacun, femme ou homme, syndiqué ou non, de se présenter librement sans devoir passer par des fourches caudines et d'ouvrir ainsi le débat social français dans un sens plus proche de la réalité du terrain et des véritables attentes de "la base", cette plèbe qui jusqu'ici ne peut que se taire ou se taire. Mais ça n'est pas gagné : extirper par exemple la CGT du Livre, ou la FEN de l'Education Nationale reviendrait à mettre fin à un demi-siècle de petits ou de gros privilèges syndicaux regroupés aujourd'hui sous le terme technique d'"acquis sociaux", pour ce dernier carré qui finira par mourir s'il ne veut pas se rendre. Peut-être n'est-ce pas la fin du paritarisme, mais bien de CE paritarisme-là. Le PARE est sûrement une mesure nécessaire pour rendre au travail la place qui est la sienne dans l'inextricable forêt des aides qui incitent surtout à ne pas rechercher d'emploi, seulement il a besoin d'être mis en place par une instance vraiment représentative. Et pourquoi pas un référendum de tous les cotisants aux ASSEDIC ?
J.C. Lebourdais Consultant en Ressources Humaines JCL@jclebourdais.com
|
|
|
|
Le sujet qui semble à la mode en ce joli mois de mai 2000, c’est le quinquennat. N’est-il pas curieux que soudain toute la classe politique vibrionne de concert sur cette question ? Pourquoi ? Toujours promis avant un scrutin, mais jamais appliqué à soi-même par les présidents en fonction, cette réforme toucherait profondément nos institutions. Dans quel but ? Pour permettre à nos politiciens d’être comme aux Etats-Unis en campagne électorale permanente ? Ce qui paraîtrait logique, puisque les qualités qu’ils possèdent pour se faire élire n’ont pas grand rapport avec celles de vrais gestionnaires compétents que la France n’a jamais pu avoir sous la Ve république ; qui est ministre des transports un jour sera aux anciens combattants demain sans en connaître plus sur les dossiers… Réfléchissons : un mandat présidentiel de cinq ans implique de revenir devant les électeurs (et devant les abstentionnistes dégoûtés de cette politique-spectacle) alors qu’on en aura fait encore moins qu’en 7 ans auparavant. Si sur ces 5 ans je soustrais un an d’état de grâce au début et deux ans de campagne électorale (au minimum) à la fin, il reste à peine deux ans pour faire croire qu’on s’attaque aux vrais problèmes jamais encore sérieusement traités par personne (fiscalité, éducation, fonction publique, exclusion, que sais-je encore). Il est bien plus illusoire de penser qu’un président élu pour 5 ans s’attaquera à ces questions alors même que la société française nécessite des transformations radicales (rien que les retraites, déjà…). L’objectif d’un président est de présenter un bilan le plus atone possible afin d’être réélu la fois suivante. Pour ne mécontenter personne, il faut changer le moins de choses possibles. Sous prétexte que deux tiers des français le souhaiteraient (un sondage effectué sur quelques dizaines de personnes « représentatives » auquel l’organisme qui l’a commandé peut faire dire ce qu’il veut en tournant les questions dans le bon sens) on réformerait la fonction présidentielle qui est l’assise des institutions de la Ve république. Voilà une mesure qui semble encore plus stupide que les 35 heures obligatoires, un joyeux retour au système parlementaire d’avant-guerre. La France aurait certainement plus à gagner à instaurer des mandats électifs non renouvelables afin de rénover cette classe politique décadente, pseudo-élite sclérosée dans ses fiefs depuis 40 ans. Et pourquoi pas le référendum d’initiative populaire ? On rendrait ainsi à la « société civile » (le tiers-état ?) un pouvoir qui n’aurait jamais dû cesser d’être le sien. Un président qui resterait en fonction moins longtemps qu’un maire ? Vous parlez d’une magistrature suprême !
|
|
|
|
02/08/2000
Il serait franchement temps de remettre les pendules à l'heure. Toute la classe politico-médiatique qui tire actuellement à boulets rouges sur Laurent Fabius et son projet d'épargne salariale devrait revenir un peu sur terre. Point n'est besoin d'être fabiusien (loin s'en faut) pour réaliser que ce que tous dénigrent n'est rien moins que l'application à tous les salariés d'un privilège consenti aux fonctionnaires depuis des lustres, j'ai nommé la Préfon. Et alors quoi ? Si, sous le prétexte fallacieux que les fonds de pension sont contraires à la tradition française et au sacro-saint principe de la retraite par répartition, ce brave Fabius avait suggéré la suppression pure et simple de la Préfon, je n'ose imaginer le tollé de la part des mêmes qui aujourd'hui lui jettent l'opprobre. Deux poids, deux mesures ? Ca en a tout l'air. La retraite est un problème crucial, complexe, qui doit être abordé avec lucidité pendant qu'il en est encore temps et que la barque n'a pas encore chaviré. Quelqu'un s'est-il déjà amusé à calculer quelle somme il aurait à sa disposition s'il avait capitalisé (même au taux de la Caisse d'Epargne) au lieu de cotiser tout au long de sa vie d'actif ? Le résultat est effarant et donne vraiment à réfléchir sur l'efficacité du mode de gestion actuel et la compétence de ceux qui l'administrent. Bientôt, tout ce qui leur restera à administrer, ce sont les derniers sacrements, à un système moribond et à des contribuables exsangues. On met en avant le principe de la solidarité pour éviter d'avoir à se poser les vraies questions, celles qui fâchent ou qui font peur. Ca pourrait ne pas durer. Pourquoi ne pas affilier nos élus au régime général, histoire de leur faire prendre conscience de la réalité ?
J.C. Lebourdais JCL@jclebourdais.com
|
|
|
|
21/07/2000
Au-delà de tout constitutionnalisme de bazar et d'un immobilisme si typiquement français, il faut admettre que la façon dont le gouvernement met fin au "problème corse" en fusionnant les deux départements et en accordant un embryon de pouvoir législatif à l'assemblée territoriale n'est rien moins que la dernière pierre longtemps attendue à l'édifice de la décentralisation commencé il y a près de vingt ans par Gaston Deferre. Rien n'empêche désormais les autres régions de France de demander la même chose. Enfin la subdivision départementale, survivance obsolète, étage devenu superflu de notre pyramide géographique institutionnelle, peut mourir de sa belle mort. Telles les länder allemands, les régions françaises peuvent enfin accéder à la dimension (budget, aménagement du territoire) qui devrait être la leur depuis longtemps si notre pays n'était pas si réfractaire au changement. Maintenant c'est au tour de la Bretagne ou de l'Alsace-Lorraine et puis les autres suivront. Seulement dommage qu'il ait fallu passer par des années de terrorisme rampant pour en arriver là. Mais en France, c'est toujours comme ça, la raison prévaut rarement de prime abord et toute réforme s'enfante dans la douleur.
J.C. Lebourdais JCL@jclebourdais.com
|
|
|
|
Le gouvernement décide d'indemniser la filière bovine Les hommes qui valaient 3 milliards Est-il possible que malgré la somme colossale que le remier ministre a décidé de leur attribuer à titre d'"indemnisation", les éleveurs de bovins soient mécontents ? Voyons ! Pendant des années, sous prétexte d'augmenter la rentabilité de leur cheptel et, par voie de conséquence, d'augmenter leurs revenus, Messieurs les Eleveurs ont gavé leurs bêtes avec n'importe quel poison, au mépris d'abord de la dignité de l'animal (mai qui s'en soucie encore dans l'agro-alimentaire, à une époque où porcs et poulets passent leur courte vie dans des camps de concentration en attendant l'étincelle finale) ; sans même parler du respect de la vie humaine, puisqu'au moment où ils réclament plus d'argent, des personnes sont en train de mourir des suites de la transmission de l'ESB. Ces mêmes professionnels qui les ont nourri en leur disant "Ayez confiance !" osent se plaindre aujourd'hui de leur manque à gagner ! Mais de qui se moque-t-on ? Imagniez un peu : à l'époque de l'affaire du sang contaminé, plutôt que les hémophiles, pourquoi n'aurait-on pas indemnisé les médecins, pour leur terrible préjudice, la perte de leur crédibilité ? C'aurait vraiment été un comble ! Alors maintenant, ces messieurs arguent de leur bonne foi : ils ignoraient de quoi étaient composées ces farines... Bien sûr ! Ils ont simplement constraté qu'elles étaient moins cher, et ça leur a suffi. Pour moi, cela ressemble clairement à un aveu de culpabilité. Plutôt que des milliards de francs, pourquoi ne pas leur donner quelques années de prison, histoire de leur inculquer le sens des responsabilités ? Et pour la suite... Quelqu'un a dit "Soleil Vert" ?
J.C. Lebourdais |
|
|
|
Des effets et des causes De plus en plus fort. Mieux que les cancéreux faisant un procès aux fabricants de tabac, nous avons droit maintenant à l'alcoolique attaquant le fabricant de spiritueux, preuve une fois de plus s'il en était besoin que notre société marche vraiment sur la tête. Pourquoi un analphabète ne ferait-il pas un procès à l'Académie Française au motif que les académiciens écrivent des mots beaucoup trop compliqués dans leur dictionnaire ? A défaut de force de caractère qui lui permettrait de renoncer à ses vices, l'esprit faible, privé des béquilles intellectuelles qu'étaient autrefois la morale et la religion, tente de faire porter la responsabilité à ses fournisseurs, vendeurs de cigarettes ou d'alcool. C'est tellement simple. Et d'ailleurs pourquoi s'en priver puisque le cadre juridique des états dits civilisés ne fait que les y encourager, préférant cette façon de traiter par un placebo la vraie détresse de ces gens, plutôt que d'essayer de résoudre efficacement leurs problèmes, d'aller chercher le mal à la racine. Après tout, ne traite-t-on pas l'inégalité sexuelle dans la vie politique selon les mêmes insensés principes, une loi sur la parité imposant des quotas plutôt que de déverrouiller le mode de scrutin en abrogeant le vote de liste sur lequel les partis politiques ont fait main basse après-guerre et auquel ils se cramponnent maintenant que leur base d'adhérents s'est réduite comme peau de chagrin. Tout cela procède du même état d'esprit, du même raisonnement qui ne voit que les symptômes sans jamais s'attaquer au mal qui les produit. La liberté fait peur aux gouvernants puisqu'elle pousse le citoyen à assumer la responsabilité de son sort, à s'assumer, quitte à peut-être un jour songer à remettre en question l'action de ceux qui ont vocation à exercer l'autorité à sa place, ceux qui font partie de cette caste de politiciens professionnels élevés depuis le plus jeune âge pour être cette prétendue élite sans laquelle rien n'est possible, sans laquelle le citoyen n'est qu'un rat dans un labyrinthe, désorienté et incapable.
|
|
|
|
J.C. Lebourdais From: J.C. Lebourdais [JCL@jclebourdais.com] Sent: Friday 26 janvier 2001 15:44 To: 'redaction@t7j.com' Subject: courrier des lecteurs : comment la bande dessinée est-elle représentée à la télévision ?
courrier des lecteurs : comment la bande dessinée est-elle représentée à la télévision ?
Alors que se tient le festival international de la bande dessinée à Angoulême comme chaque fin janvier depuis plus de vingt ans, on ne peut s'empêcher de se demander comment il se fait que les grandes chaînes généralistes ne proposent pas dans leurs grilles respectives la moindre émission consacrée au neuvième art. Il n'est que de voir les chiffres d'affluence de tels salons partout dans le monde, les courbes de ventes de certaines séries comme XIII, Largo Winch (la prépublication dans Télé 7 jours est un signe évident de succès), Blake et Mortimer ou Astérix pour se rendre compte de l'incroyable popularité de ce medium. Malheureusement les émissions consacrées aux livres (Bouillon de culture, Vol de nuit, Un livre un jour) n'accordent que la portion congrue à la bande dessinée qui est pourtant une locomotive du monde de l'édition, particulièrement génératrice de devises. D'autant que de plus en plus de films de cinéma, de séries TV et de dessins animés adaptent les concepts initiés par la BD pour les porter à l'écran (Largo Winch encore, mais aussi Tintin, Batman, Dragon Ball, Men in black, X-Men, sans oublier les Maîtres de l'orge et bien d'autres encore). La France ne manque certes pas de personnes capables de concevoir et d'animer une grande émission, par exemple hebdomadaire, qui serait consacrée à cette forme d'expression si particulière qui enchante depuis plus d'un siècle "les jeunes de 7 à 77 ans". La BD est entrée aujourd'hui dans l'âge adulte, elle aborde les thèmes de notre époque sans négliger l'humour et l'aventure qui ont fait jadis le succès de grands magazines comme Pilote ou Spirou, par conséquent il serait grand temps que nos patrons de chaînes se penchent sérieusement sur la question pour lui donner la place qu'elle mérite à l'heure où l'illettrisme gagne du terrain en même temps que les consoles de jeux vidéo sont en passe de remplacer les manuels scolaires.
J.C. Lebourdais JCL@jclebourdais.com
|
|
|